Points Clés
- Le temple des pythons est le sanctuaire de Dangbé, divinité serpent du peuple xwéda (houéda), qui régnait sur Ouidah avant la conquête du Dahomey en 1727.
- Le culte du serpent à Ouidah est attesté dès la fin du XVIIe siècle par des récits européens, dont ceux du père Labat et du Néerlandais Willem Bosman.
- Les pythons du temple sont des pythons royaux (Python regius), un serpent non venimeux qui dépasse rarement 1,5 mètre.
- Tous les sept ans, une cérémonie se déroule autour d'une jarre sacrée vieille de plus de deux siècles, le zingbin.
- Dan, la puissance serpent, a traversé l'Atlantique : Danbala en Haïti, Bessen dans le candomblé jeje du Brésil, Damballa à La Nouvelle-Orléans.
Le temple des pythons de Ouidah tient dans une cour. Un mur bas, une case ronde au toit de chaume, un grand arbre, et des serpents qui dorment enroulés dans la pénombre. Pas de dorures, pas de vitrine. Juste en face, de l'autre côté de la place, la façade néogothique de la basilique de l'Immaculée-Conception.
Ce face-à-face résume Ouidah mieux qu'un long discours. Mais pour comprendre ce que vous regardez, il faut remonter à un royaume qui a disparu il y a trois siècles, à des récits de voyageurs européens, et à un mythe de création où un serpent porte le monde.
Le sanctuaire de Dangbé
Le temple des pythons est le sanctuaire de Dangbé, la divinité serpent des Xwéda (on écrit aussi Houéda, et les Européens disaient Whydah). Avant d'être le port du Dahomey, Ouidah était au cœur de leur royaume, dont la capitale se trouvait à Savi, quelques kilomètres plus au nord.
Pour les Xwéda, le python n'est pas un symbole. Il est la manifestation de la divinité. On ne le chasse pas, on ne le tue pas, et quand il entre dans une maison, on le ramène au temple.
Le sanctuaire se trouve place Agoli, dans le quartier Dangbexu, littéralement « la maison de Dangbé ». Sur la place pousse un vieux baobab. Le temple fait face à la basilique, dont le sépare seulement l'étendue de sable de la place.
L'ensemble compte deux cours. Dans la première se trouvent l'abri des pythons, une construction de forme conique d'une douzaine de mètres carrés, une case ronde en chaume à l'entrée et des bâtiments en terre couverts de tôle. La seconde cour, fermée par un mur de ciment peint en rose, abrite un grand iroko sacré, que la tradition dit vieux de six siècles.
On y trouve des dizaines de pythons, parfois une centaine. Les femelles, plus grandes, sont appelées dangbé drè ; les mâles, dangbé kpohoun.
Un culte décrit depuis plus de trois siècles
Le culte du serpent à Ouidah est l'une des pratiques vodun les mieux documentées par les sources européennes anciennes. Ces récits sont précieux, mais il faut les lire avec prudence : ils sont écrits par des hommes qui ne comprenaient pas ce qu'ils voyaient, et qui, pour beaucoup, participaient à la traite.
Labat et le « grand Serpent »
Le premier témoignage détaillé est transmis par le père dominicain Jean-Baptiste Labat, qui rapporte en 1698 le récit d'un autre religieux, le père Braguez. On lui aurait expliqué que le culte du serpent servait à rendre les hommes humbles devant « le plus méprisable et le plus méchant de tous les animaux ». L'explication dit sans doute plus sur le regard du missionnaire que sur la théologie xwéda.
Labat décrit aussi de grandes processions au « temple du grand Serpent » lors des couronnements royaux. Pour une cérémonie d'avril 1723, il place la demeure du serpent au centre du rituel. Quelques années avant la conquête dahoméenne, le culte de Dangbé est donc au cœur de la royauté xwéda.
Bosman, le roi et les cochons
Vers 1700, le Néerlandais Willem Bosman, facteur de la Compagnie des Indes occidentales, écrit que le serpent est l'une des trois divinités principales du royaume de Whydah. Il décrit une « maison du serpent » : une case cylindrique en argile, sous un toit de chaume conique, avec deux entrées étroites se faisant face.
Il raconte une anecdote restée célèbre. Un jour, un cochon mord un serpent sacré et le dévore. Les prêtres se plaignent au roi et obtiennent un ordre royal : tous les cochons du royaume doivent être abattus. L'histoire montre à quel point la protection du serpent était une affaire d'État.
Bosman note aussi que le roi envoie des présents au sanctuaire. Il ajoute, sur un ton moqueur, qu'à son avis les prêtres gardent les offrandes pour eux. Son livre, publié en 1704 et vite traduit, a circulé dans toute l'Europe et a nourri pendant deux siècles l'image d'un « culte du serpent » ouest-africain, souvent caricaturée.
Les servantes du serpent
Bosman rapporte aussi une croyance qui l'intrigue. Selon lui, le serpent sacré « touchait » parfois des jeunes filles, qui semblaient alors saisies de folie. Elles devaient ensuite entrer au service du temple. Bosman, sceptique, affirme que les prêtres persuadaient les jeunes filles de feindre la transe pour qu'on les envoie à la maison du serpent.
Il faut lire ce passage avec prudence. Ce que Bosman décrit de l'extérieur ressemble fort à une institution centrale du vodun, toujours vivante aujourd'hui : l'initiation des vodunsi, les adeptes consacrés à une divinité, qui passent par une période de retraite dans le couvent du vodun avant de revenir dans la communauté. Le marchand néerlandais y voyait une supercherie ; les pratiquants y voient une vocation. Son témoignage prouve surtout que cette forme d'initiation existait déjà autour de Dangbé vers 1700.
Au XIXe siècle : Burton et Laffitte
En 1864, l'explorateur britannique Richard Burton, en mission auprès du roi Glèlè du Dahomey, passe par Ouidah. Il note qu'on y associe le serpent aux arbres et à l'océan dans les gestes de dévotion.
En 1873, l'abbé Laffitte, missionnaire, décrit une construction circulaire en terre d'environ trois mètres de haut, abritant une vingtaine de serpents sacrés. Plus d'un siècle et demi après Bosman, la « maison du serpent » a gardé à peu près la même forme.
Savi, la capitale disparue
Le culte de Dangbé était lié à la royauté xwéda, dont la capitale, Savi, se trouvait à une dizaine de kilomètres au nord de Ouidah. Il n'en reste presque rien de visible. Mais l'archéologie a permis de la faire revivre.
Depuis 1991, l'archéologue américain Kenneth Kelly, de l'université de Caroline du Sud, dirige des fouilles sur le site. Dans les ruines du palais royal, son équipe a mis au jour de grandes quantités de biens importés : pipes à tabac néerlandaises, porcelaines chinoises, bouteilles de vin et d'alcool, et même des briques néerlandaises qui pavaient le sol du palais.
Ces objets ont été retrouvés dans les parties les plus publiques du palais, là où le roi recevait ses hôtes. Ils étaient des signes de pouvoir. Les rois xwéda contrôlaient étroitement l'accès aux marchandises européennes, et les négociants européens devaient loger dans des comptoirs situés à l'intérieur de l'enceinte royale.
C'est dans ce royaume riche, cosmopolite et très ritualisé que le culte de Dangbé occupait une place centrale, au point que le roi lui envoyait des présents et que ses couronnements passaient par le « temple du grand Serpent ».
La légende du roi Kpassè
La tradition locale raconte une autre histoire, celle des origines. Poursuivi par ses ennemis, le roi Kpassè se serait réfugié dans la forêt, où des pythons l'auraient protégé en sortant des arbres et des buissons. En remerciement, il aurait fait élever des sanctuaires aux serpents.
C'est le même Kpassè dont le nom est resté attaché à la forêt sacrée, à quelques minutes de marche, où une autre légende raconte qu'il s'est transformé en iroko. Les deux lieux se répondent : le temple des pythons et la forêt de Kpassè forment ensemble le cœur du vodun xwéda à Ouidah.
De la conquête dahoméenne à aujourd'hui
En 1727, le roi Agadja du Dahomey conquiert le royaume xwéda. Ouidah devient le grand port négrier du Dahomey. Le culte de Dangbé ne disparaît pas pour autant. Il continue d'être pratiqué, et les voyageurs du XIXe siècle le décrivent encore.
L'époque coloniale, à partir des années 1890, voit s'installer les missions catholiques. La basilique est construite juste en face du temple, de 1903 à 1909. Le temple, lui, reste en activité.
Le tournant contemporain a lieu en 1992. Pour préparer le festival Ouidah 92, premier festival mondial des arts et cultures vodun, le temple est restauré grâce au Fonds d'aide à la culture. Depuis cette date, une cérémonie annuelle s'y tient au moment de la fête nationale du vodun : le prêtre du temple sacrifie une chèvre et verse son sang sur le tissu blanc qui entoure l'iroko, en l'honneur des ancêtres. La fête, longtemps fixée au 10 janvier, se tient depuis 2024 le deuxième vendredi de janvier.
Le temple a aussi connu des tensions. En 2014, il a été fermé temporairement en raison de différends anciens entre familles sur la gestion du site. Comme beaucoup de lieux sacrés gérés par des lignages, il est à la fois un lieu de culte, un patrimoine familial et une source de revenus touristiques, et ces trois dimensions ne s'accordent pas toujours.
Dan, le serpent qui porte le monde
Pour comprendre pourquoi un python peut être divin, il faut entrer un peu dans la pensée vodun des peuples gbe (Fon, Xwéda, Adja, Ewe).
Dan y est la puissance serpent. Elle est liée au mouvement, à la continuité, à la richesse, et à l'arc-en-ciel qui relie le ciel et la terre après la pluie. Dangbé, le python de Ouidah, en est une forme locale.
Le grand mythe fon de la création donne à un serpent un rôle central. Selon plusieurs versions rapportées par les ethnologues, la divinité créatrice Mawu a façonné le monde en se déplaçant sur le dos ou dans la gueule d'Aido-Hwedo, le serpent arc-en-ciel. Là où passait son corps sont nés les vallées, les rivières et les montagnes.
Quand la création fut terminée, la terre était si lourde de montagnes, d'arbres et d'animaux qu'elle risquait de sombrer. Mawu demanda alors au serpent de s'enrouler en cercle sous la terre pour la porter. Aido-Hwedo tient sa queue dans sa gueule, et se repose dans la fraîcheur des mers que Mawu a créées pour lui. Une version eschatologique ajoute qu'il se nourrit de barres de fer forgées par des singes rouges venus de la mer ; le jour où le fer manquera, il dévorera sa propre queue, et la terre glissera dans l'océan.
On comprend mieux, à la lumière de ce mythe, pourquoi le serpent est associé à la stabilité du monde et à l'arc-en-ciel, et pourquoi Burton voyait le serpent de Ouidah lié à l'océan.
L'iroko, l'arbre de Loko
Le grand arbre de la seconde cour n'est pas un simple ornement. L'iroko (Milicia excelsa) est un arbre sacré dans une grande partie de l'Afrique de l'Ouest. Au Bénin, une étude scientifique a montré que la vénération dont il fait l'objet est l'une des principales raisons de sa conservation : on le protège dans les champs, dans les bois sacrés, sur les places publiques et dans les cimetières.
Dans la pensée vodun, l'iroko est la demeure de Loko, la divinité des arbres. Le nom a traversé l'Atlantique : en Haïti, Papa Loko est le lwa des arbres et des plantes, patron des guérisseurs, considéré comme le premier houngan, le premier prêtre, et époux d'Ayizan.
Au temple de Ouidah, l'iroko est entouré d'un tissu blanc. C'est sur ce tissu que le prêtre verse le sang de la chèvre sacrifiée lors de la cérémonie annuelle. La tradition dit l'arbre vieux de six siècles. Aucune datation scientifique n'a été publiée, mais l'âge avancé de l'arbre ne fait pas de doute pour ceux qui le voient.
Dangbé parmi les autres vodun
Dangbé n'est pas seul. Le vodun n'est pas une religion à un seul dieu, mais un ensemble de divinités, chacune avec ses couvents, ses prêtres, ses interdits et ses fêtes. À Ouidah, plusieurs d'entre elles se côtoient :
- Legba, le messager, gardien des seuils et des carrefours, dont on voit les autels de terre devant de nombreuses maisons.
- Hevioso, le vodun du tonnerre et de la foudre.
- Sakpata, le vodun de la terre, associé aux maladies éruptives.
- Gu, le vodun du fer, des outils et de la guerre.
- Mami Wata et les divinités de la mer, sur la côte. Notre pilier sur Mami Wata leur est consacré.
Dans cet ensemble, Dangbé a une place particulière à Ouidah : c'est la divinité tutélaire des Xwéda, le vodun de la ville avant même la conquête dahoméenne. Venir au temple des pythons, c'est donc rencontrer le vodun le plus ancré dans l'histoire locale.
Notre pilier sur les Vodun Days montre comment ces divinités se retrouvent chaque année dans les rues de Ouidah.
La cérémonie des sept ans
Le temple a son propre calendrier rituel. Le plus rare de ses rites se tient tous les sept ans.
Il se déroule autour du zingbin, une jarre sacrée vieille de plus de deux siècles. Selon la tradition, 41 jeunes filles vierges allaient puiser l'eau sacrée destinée au rite. Aujourd'hui, ce rôle est confié à 41 femmes ménopausées. Des feuilles sacrées sont broyées dans l'eau, qui sert ensuite à des usages thérapeutiques ; le reste est versé.
L'évolution du rite, des jeunes filles vierges aux femmes ménopausées, dit quelque chose de la manière dont le vodun s'adapte. La tradition n'est pas un musée : elle se transmet et se transforme en même temps.
Ce rite n'est pas un spectacle, et il n'est pas organisé pour les visiteurs. Si vous êtes à Ouidah au bon moment, votre guide saura vous dire s'il est possible d'y assister et dans quelles conditions.
Les pythons du temple
Les serpents du temple sont des pythons royaux (Python regius), une espèce commune dans le sud du Bénin. Ils ne sont pas venimeux et sont réputés pour leur calme : menacé, le python royal se roule en boule plutôt que d'attaquer. D'où son nom anglais de ball python.
Ils restent de taille modeste. Les pythons du temple mesurent moins de 1,5 mètre. Ils peuvent vivre de 10 à 50 ans. Les photos de touristes avec un serpent autour du cou donnent souvent une impression de taille qui ne correspond pas à la réalité.
Les pythons ne sont pas captifs. Chaque semaine, on les relâche pour qu'ils aillent chasser les insectes et les rats dans les maisons voisines. Les habitants les accueillent volontiers. Si un python n'est pas revenu au bout de 72 heures, les habitants partent à sa recherche et le rapportent au temple : il s'agit du bien-être de leur divinité.
Ce va-et-vient entre le sanctuaire et la ville fait partie du culte lui-même. Dans ce quartier, le python appartient à tout le monde, et tout le monde est un peu responsable de lui.
Le python royal, du temple au commerce mondial
Il y a un paradoxe que peu de visiteurs connaissent. Le python royal, sacré à Ouidah, est aussi l'animal vivant protégé par la CITES le plus exporté d'Afrique.
Depuis 1978, le Togo, le Bénin et le Ghana ont exporté près de quatre millions de pythons royaux, principalement vers les États-Unis, où ils sont devenus l'un des serpents de compagnie les plus populaires. Depuis 1997, des fermes de ces trois pays pratiquent le « ranching » : elles élèvent des serpents prélevés dans la nature à l'état d'œufs ou de jeunes, qui auraient eu peu de chances d'atteindre l'âge adulte. Le Bénin a réduit son quota d'exportation de pythons issus du ranching de 45 000 en 2017 à 22 000 en 2018 et 2019. Des chercheurs ont relevé des dépassements de quotas et des écarts dans les données officielles. L'Union internationale pour la conservation de la nature classe désormais le python royal comme espèce quasi menacée : l'exploitation est forte, et les populations sauvages seraient en déclin dans la plus grande partie de l'Afrique de l'Ouest.
Le même animal est donc, à quelques dizaines de kilomètres de distance, une divinité qu'on ramène chez elle quand elle s'égare, et une marchandise qu'on exporte par milliers. Ce contraste n'enlève rien au temple. Il aide à mesurer ce que signifie, ici, le choix de ne pas tuer le python.
Face à la basilique
La basilique de l'Immaculée-Conception a été construite de 1903 à 1909, juste en face du temple, par la mission catholique. Des adeptes du vodun ont participé au chantier, aux côtés des chrétiens.
L'église a été élevée au rang de basilique mineure en 1989, et le pape Benoît XVI y est venu en novembre 2011, lors de son voyage au Bénin. C'est là que, le 19 novembre 2011, il a signé Africae munus, le texte qui fixe les orientations de l'Église catholique pour l'Afrique après le deuxième synode des évêques africains. Le chef de l'Église catholique a ainsi signé un document adressé à tout un continent à quelques dizaines de mètres du sanctuaire de Dangbé, ce qui résume assez bien la situation de Ouidah.
Les deux bâtiments se regardent de part et d'autre d'une place de sable. Le dimanche, on entend la messe depuis la cour du temple. C'est l'image la plus photographiée de Ouidah, et elle dit quelque chose de vrai : ici, beaucoup de familles vivent les deux appartenances sans y voir de contradiction.
Il serait pourtant naïf d'y voir une harmonie sans histoire. La construction d'une grande église face au sanctuaire de Dangbé, à l'époque coloniale, n'était pas un geste neutre. La coexistence d'aujourd'hui est le résultat d'un siècle d'ajustements, pas un état naturel. Notre pilier sur la basilique revient sur cette histoire.
Dan, de Ouidah aux Amériques
Les captifs embarqués sur cette côte ont emporté leurs divinités avec eux. Dan est l'une de celles dont la trace est la plus nette de l'autre côté de l'Atlantique.
- En Haïti, Danbala Wedo est le lwa serpent, associé au blanc et à la pureté, et son épouse Ayida Wedo est l'arc-en-ciel. On reconnaît dans son nom l'Aido-Hwedo du mythe fon.
- Au Brésil, dans le candomblé jeje, la tradition héritée du Dahomey, le vodun serpent s'appelle Bessen. Le candomblé ketu, d'origine yoruba, l'associe à Oxumarê. À Salvador, le terreiro du Bogum, l'une des maisons jeje historiques, a été fondé par des Africains originaires de la région du Dahomey.
- À La Nouvelle-Orléans, le nom de Damballa est resté dans la mémoire du vaudou louisianais.
Pour beaucoup de visiteurs de la diaspora, la visite prend alors un autre sens. Ce n'est plus une curiosité. C'est une rencontre avec l'origine d'un nom qu'ils connaissaient déjà.
Le temple et le tourisme
Le temple des pythons est l'un des sites les plus visités de Ouidah. Selon les données reprises par Wikipédia, il accueillait environ 1 100 visiteurs payants par an au moment où elles ont été établies, surtout pendant les fêtes de fin d'année et les vacances. Les recettes étaient estimées à 5 millions de francs CFA par an, dont 10 % reversés à la commune pour le développement local. La fréquentation a fortement augmenté depuis, avec l'essor des Vodun Days.
Le droit d'entrée fait vivre le lieu et ceux qui l'entretiennent. Les dons supplémentaires permettent, pour ceux qui le souhaitent, de se faire photographier avec un python.
Une visite, pas à pas
Concrètement, voici comment se passe la visite la plupart du temps.
À l'entrée, vous réglez le droit d'entrée. Un guide du temple vous accueille, vous explique en quelques mots qui est Dangbé et comment le culte fonctionne. Dans la première cour, il vous conduit à l'abri des pythons, où les serpents dorment souvent enroulés les uns contre les autres.
Si vous le souhaitez, le guide sort un python et le pose sur vos épaules ou dans vos mains. Le contact est frais, lisse, plus lourd qu'on ne l'imagine. Le serpent bouge lentement. La plupart des visiteurs sont surpris par son calme. Une petite contribution est alors demandée pour la photo.
Dans la seconde cour, vous découvrez l'iroko et son tissu blanc. C'est le moment de poser vos questions sur les cérémonies, la place des femmes dans le culte, ou le lien avec les religions afro-américaines. Les guides ont l'habitude de ces questions.
En sortant, prenez le temps de traverser la place jusqu'à la basilique. Faire les deux visites à la suite permet de comprendre, mieux que n'importe quel texte, la double appartenance de beaucoup d'habitants de Ouidah.
Visiter le temple avec respect
Le temple est ouvert aux visiteurs tous les jours. Un guide du sanctuaire vous accompagne et explique le culte. L'entrée est payante, et un supplément est généralement demandé pour les photos. Les tarifs évoluent : prévoyez des espèces en petites coupures.
Quelques repères pour une visite juste :
- Personne n'est obligé de toucher un python. Le guide peut en poser un sur vos épaules si vous le souhaitez. Si vous avez peur des serpents, dites-le simplement.
- Demandez avant de photographier les personnes et les cérémonies. La cour est un lieu de culte en activité.
- Venez tôt, surtout en saison sèche : la visite est plus calme, et les serpents sont souvent plus visibles avant la chaleur.
- Ne touchez pas l'iroko ni les objets rituels sans y être invité.
- Pendant les Vodun Days, organisés chaque année autour du deuxième vendredi de janvier, Ouidah accueille des centaines de milliers de personnes. Le temple est alors très fréquenté. Pour une visite paisible, choisissez un autre moment.
Pour les règles de conduite dans les lieux sacrés de la ville, consultez notre guide pour vivre le vodun avec respect.
Le temple des pythons est la première étape de beaucoup de visiteurs. Il gagne à être vu avec la forêt sacrée de Kpassè, à dix minutes à pied, qui raconte l'autre moitié de l'histoire du roi Kpassè, et avant ou après la route des esclaves, qui rappelle que le Ouidah du vodun est aussi celui de la traite.
Organiser une visite avec un guide local →
Sources
- Temple des Pythons, Wikipédia : récits de Labat, Bosman et Laffitte, description du site, cérémonie des sept ans, gestion des pythons, restauration de 1992, fermeture de 2014, fréquentation.
- BnF, Takamtikou : le temple des pythons.
- Willem Bosman, A New and Accurate Description of the Coast of Guinea (1704), cité par Serpent worship in Africa (archive.org) et Popular Science Monthly, « On Vodu-Worship » (1891) : maison du serpent, anecdote des cochons, récit de Burton.
- Fon creation myth, Wikipedia et Aido-Hwedo, Oxford Reference.
- WildCRU, le ranching des pythons royaux en Afrique de l'Ouest, Mongabay (2020) et « Seeking serpents: Ball python trade in Benin ».
- Savi, fouilles de Kenneth Kelly : American Scientist, « Urbanism on West Africa's Slave Coast » et World Archaeology (1997).
- Utilisation et conservation traditionnelle de l'iroko au Bénin, Forest Ecology and Management, Loco (loa), Wikipedia et Milicia excelsa, Wikipedia.
- West African Vodun, Wikipedia : les principales divinités.
- Ball python, Wikipedia : statut UICN.
- Candomblé Jeje, Wikipedia, Terreiro Zogbodo Male Bogun Seja Unde et Ayida Wedo, Wikipedia.
- Basilique de l'Immaculée-Conception de Ouidah, Wikipédia.




